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Monte Amaro : le trekking vers le deuxième sommet de l'Apennin
2 793 mètres sur la Majella : itinéraires, Bivacco Pelino, amphithéâtre des Murelle et la montée classique depuis Campo di Giove

Il existe deux montagnes de l'Apennin que tout randonneur italien rêve de gravir au moins une fois. L'une est le Corno Grande du Gran Sasso (2 912 m). L'autre est le Monte Amaro della Majella, à 2 793 mètres d'altitude : le deuxième sommet de l'Apennin, le point culminant du massif de la Majella, une montagne à la fois paysage lunaire, dorsale infinie de haute altitude, royaume du chamois apennin et théâtre historique du brigandage post-unitaire.
La montée au Monte Amaro n'est pas une promenade de santé. C'est un trekking de 8 à 10 heures au total, avec des dénivelés allant de 1 219 à 1 800 mètres selon l'itinéraire choisi, dans un environnement de haute altitude constamment exposé au soleil et avec une pénurie d'eau tout au long du parcours. Cette randonnée est réservée aux randonneurs expérimentés et entraînés, à entreprendre uniquement durant les mois estivaux (juin-septembre), avec un équipement adéquat et des informations météo à jour. Mais c'est aussi, selon beaucoup, le plus beau trekking du centre de l'Italie : des paysages qui rappellent le Tibet, des panoramas qui s'étendent de l'Adriatique jusqu'à la Tyrrhénienne, des rencontres avec une faune sauvage unique, et au sommet un petit bivouac rouge vif en forme de coupole qui est devenu une icône de l'alpinisme italien.
Dans ce guide, nous vous racontons tout ce qu'il faut savoir pour gravir le Monte Amaro : les quatre voies d'accès, la difficulté réelle, l'équipement nécessaire, le Bivacco Pelino, la Tavola dei Briganti, et pourquoi cette montagne a une histoire qui dépasse l'alpinisme.
Qu'est-ce que le Monte Amaro
Le Monte Amaro est le sommet principal du massif de la Majella, situé au cœur du Parc National de la Majella. Avec ses 2 793 mètres au-dessus du niveau de la mer, c'est le deuxième point culminant de toute la chaîne apennine, dépassé seulement par le Corno Grande du Gran Sasso d'Italia (2 912 m, distant à vol d'oiseau d'environ 50 km au nord). C'est aussi, après l'Etna en Sicile, le troisième relief le plus élevé de l'Italie centre-méridionale.
Géographiquement, l'Amaro est le point le plus élevé d'une longue dorsale de haute altitude qui traverse le massif du nord au sud, se maintenant presque constamment au-dessus de 2 500 mètres. 55 % du Parc National de la Majella se trouve au-dessus de 2 000 mètres : une densité de haute altitude unique dans tout l'Apennin.
Le sommet n'est pas une pyramide acérée comme celles des Alpes. C'est un vaste plateau détritique, semblable à une immense colline caillouteuse, avec la croix de sommet en fer soudé et — un peu plus bas — le caractéristique Bivacco Pelino en forme de coupole, de couleur rouge vif, qui ressemble à un module lunaire. C'est un paysage d'«ailleurs» : qui arrive ici pour la première fois se sent plus en Mongolie qu'en Italie centrale.
La montée : quatre voies possibles
Il existe quatre itinéraires principaux pour atteindre le sommet du Monte Amaro, chacun avec ses caractéristiques et ses difficultés propres. Tous requièrent une bonne condition physique, une expérience en randonnée et un équipement adapté.
1. Depuis le Rifugio Bruno Pomilio (voie classique) — la plus accessible
L'itinéraire le plus fréquenté et — relativement parlant — le plus «facile» des quatre. Départ depuis le Rifugio Bruno Pomilio (1 895 m, parfois indiqué à 1 980 m selon les sources), à proximité du Blockhaus et de la station de ski de Passolanciano-Maielletta.
Dénivelé total : +1 219 m en montée (certaines sources indiquent jusqu'à 1 500 m pour la version complète aller-retour avec les montées et descentes intermédiaires)
Distance : 12-13 km à l'aller, 23-26 km aller-retour
Durée : 5-6 heures à l'aller, 10-12 heures aller-retour dans la journée
Difficulté : E+ / EE (Randonnée avancée)
Sentier : «P» - Sentiero del Parco (crête nord-sud de la Majella)
Étapes principales
Rifugio Pomilio (1 895 m). On suit la route carrossable fermée à la circulation pendant environ 2 km jusqu'à l'esplanade du Blockhaus (2 070 m), avec l'autel votif de la Madonna del Blockhaus.
Monte Cavallo (2 171 m). Sentier de crête parmi les pins mughos odorants et des passages plats.
Tavola dei Briganti (~2 118 m). Affleurement rocheux avec inscriptions historiques (voir paragraphe dédié).
Sella Acquaviva (2 100 m). Source naturelle — dernière possibilité d'eau certaine.
Monte Focalone (2 676 m). Montée raide sur la dorsale nord, panoramas sur l'Anfiteatro delle Murelle.
Bivacco Fusco (2 455 m). Petit bivouac métallique jaune, déviation panoramique facultative.
Anfiteatro delle Murelle. Immense doline circulaire, paysage glaciaire.
I Tre Portoni. Succession de montées et descentes entre Cima Pomilio, Monte Rotondo et Cima Tre Portoni.
Vaste dorsale nord du Monte Amaro — dernière rampe jusqu'au sommet.
Sommet du Monte Amaro (2 793 m) et Bivacco Pelino.
2. Depuis Passo San Leonardo (Via Normale)
La voie la plus courte en kilomètres, mais aussi la plus raide et la plus exigeante pour ceux qui souhaitent la faire en journée. Elle part de Passo San Leonardo, dans la vallée entre le Morrone et la Majella.
Dénivelé : +1 774 m environ en montée
Difficulté : EE+ — randonneurs très expérimentés uniquement
Points critiques : pente constamment soutenue, exposition totale au soleil, sentier pierreux et parfois glissant, pénurie d'eau extrême
Toponymie évocatrice : on traverse la Valle della Femmina Morta, le Monte Macellaro, le Canyon della Sfischia
3. Depuis les Gole di Fara San Martino — la plus longue
Un itinéraire pour véritables spécialistes. Il part du borgo de Fara San Martino, célèbre pour sa production de pâtes (c'est le berceau de fabriques de pâtes exportées dans le monde entier), et traverse le versant oriental de la Majella.
Étapes : Gole di Fara San Martino (canyon spectaculaire), Monte Macellaro, Cima di Tavola Rotonda (2 403 m), Canyon della Sfischia, Fondo di Femmina Morta (plateau aride à 2 500 m), Grotta Canosa (environ 2 600 m)
Difficulté : le plus difficile et le plus long des quatre itinéraires
Il est conseillé de diviser en 2 jours avec pernoctation au Bivacco Pelino au sommet
4. Depuis Caramanico Terme — la plus exigeante en dénivelé total
On part de Caramanico Terme (650 m), on traverse les Gole dell'Orfento et on monte par le versant occidental : Ponte della Pietra, hêtraie extrêmement raide (pentes jusqu'à 60 %), puis crête de la Ciocca, Monte Rapina, Pescofalcone, Monte Tre Portoni, et enfin le Monte Amaro.
Dénivelé total : environ +2 500 m de montée cumulée
2 à 3 jours minimum nécessaires avec hébergement intermédiaire
Sentier peu fréquenté, végétation luxuriante, difficile à suivre par endroits
Refuge intermédiaire : Rifugio Paolo Barrasso (équipé de bancs, table et cheminée)
Le Bivacco Pelino : l'icône de la Majella
Au sommet du Monte Amaro, quelques mètres en dessous du point trigonométrique, se trouve le Bivacco Mario Pelino — l'un des refuges de haute altitude les plus célèbres et les plus photographiés de l'Apennin italien.
Histoire
Le Bivacco Pelino fut construit en 1981 par la Section CAI de Sulmona. Il a la forme d'une coupole géodésique, composée de panneaux triangulaires en métal peint en rouge vif, avec de petits hublots latéraux qui lui donnent l'aspect d'un module lunaire. Il est toujours ouvert, gratuit, à usage d'urgence.
Avant le Pelino, d'autres abris se trouvaient sur ce même sommet, dont il reste quelques ruines :
Rifugio Vittorio Emanuele II : construit en pierre en 1890 par la Section CAI de Rome, détruit par un bombardement aérien en 1944.
Bivacco Falco Maiorano : bivouac métallique construit en 1965 par la Section CAI de Chieti, détruit par une tempête en 1974.
Le Pelino de 1981 a résisté à quarante ans de tempêtes de haute altitude grâce à sa forme en coupole, plus résistante au vent que les bivouacs à parois droites.
Caractéristiques pratiques
10 couchages (couchettes en bois avec matelas de base)
Toujours ouvert, gratuit, non gardienné
Aucun service : pas d'eau courante, pas de sanitaires, pas de chauffage, pas de cuisine
À apporter : sac de couchage hivernal (même en été), eau (au moins 2-3 litres par personne), nourriture pour le dîner et le petit-déjeuner, réchaud de camping (pas de feu ouvert), lampe frontale
Déchets : tout ce que vous montez, vous le redescendez
Comment réserver
Il n'y a pas de véritable réservation (c'est un bivouac d'urgence), mais il est conseillé de prévenir le CAI de Sulmona (ou à défaut le CAI de Guardiagrele ou l'Ente Parco) pour savoir si d'autres randonneurs ont déjà prévu d'y passer la nuit. Les week-ends estivaux, les 10 places se remplissent rapidement : celui qui arrive après le dixième risque de dormir par terre ou à la belle étoile.
Le Rifugio Manzini : l'alternative
À environ 30 mètres du Bivacco Pelino, accessible en 30 minutes de marche en légère descente (altitude ~2 600 m), se trouve le Rifugio Manzini : une alternative plus protégée, plus spacieuse, avec eau courante, cheminée et quelques petits conforts. Moins panoramique que le Pelino mais plus confortable. Solution idéale si le Pelino est complet.
L'expérience au sommet
Passer la nuit au Pelino est une expérience mémorable. Des couchers de soleil rougeoyants qui embrasent la mer Adriatique et les crêtes de l'Apennin, un ciel étoilé sans pollution lumineuse, un lever de soleil spectaculaire avec les premiers rayons qui illuminent le sommet tandis que la vallée reste plongée dans l'obscurité. C'est l'une des raisons pour lesquelles on fait ce trekking : non seulement atteindre le sommet, mais dormir au sommet.
La Tavola dei Briganti : l'histoire oubliée
Le long du sentier classique depuis le Rifugio Pomilio, environ 45 minutes après le Blockhaus, on rencontre l'un des éléments les plus saisissants du trekking : la Tavola dei Briganti, près du Monte Cavallo à environ 2 118 mètres d'altitude.
C'est un affleurement rocheux calcaire sur lequel, au fil des siècles — et surtout pendant la grande époque du brigandage post-unitaire (1861-1870) — bergers, voyageurs et brigands ont gravé des inscriptions : noms, dates, phrases, invectives politiques, simples témoignages de présence. Certaines inscriptions sont encore parfaitement lisibles aujourd'hui.
Le contexte historique : le brigandage en Abruzzo
Après l'Unité d'Italie en 1861, l'Abruzzo — comme tout le Mezzogiorno — fut traversé par un mouvement de résistance au nouveau Royaume appelé «brigandage». C'était un mélange de :
Fidélité aux Bourbons : résistance politique au gouvernement piémontais de la part de ceux qui étaient restés fidèles au Royaume des Deux-Siciles.
Désespoir social : paysans écrasés par la misère, les impôts du nouveau Royaume, la conscription obligatoire.
Banditisme pur : ceux qui s'étaient rendus coupables de crimes et cherchaient refuge dans les montagnes inaccessibles.
Les chemins muletiers qui franchissaient la Majella (les voies de communication les plus courtes entre les villages de la côte adriatique et ceux de l'intérieur) étaient le domaine des brigands. Pour les contrer, les Bourbons d'abord et le Royaume d'Italie ensuite construisirent des fortins d'observation. Sur le Monte Blockhaus, à 2 070 m, fut érigé un fortin en bois (d'où le nom allemand «Blockhaus» = «maison de troncs») géré par des mercenaires autrichiens au service des Savoie, spécialisés dans la répression du brigandage. Les ruines du fortin sont encore visibles aujourd'hui.
Les inscriptions
Les inscriptions sur la Tavola dei Briganti racontent des fragments de vies. Certaines sont de bergers qui témoignent de leur travail (par exemple : «Giovanni Venditti di Capracotta, di Raffaele sono stato pastore, dal 1893 sino al 1899»). D'autres sont de brigands qui gravaient noms et dates pendant les longues périodes passées en montagne.
C'est une sorte de musée à ciel ouvert, fragile et précieux : admirez, photographiez, ne gravez rien de nouveau (c'est sévèrement interdit par le Parc).
Quand y aller (et quand éviter)
Saison recommandée : juin-septembre
Le Monte Amaro est accessible de façon raisonnablement sûre de la mi-juin à la mi-septembre. Avant et après, les conditions deviennent de plus en plus exigeantes en raison de :
Neige résiduelle : au-dessus de 2 000 m jusqu'en juin, et parfois jusqu'en juillet lors des années froides.
Brouillards : soudains et très épais, ils peuvent réduire la visibilité à quelques mètres.
Vent de haute altitude : même en été, des rafales jusqu'à 80-100 km/h au-dessus de 2 500 m.
Températures : à 2 793 m, même en plein été la température nocturne peut descendre sous zéro.
Période optimale
Fin juillet - première moitié de septembre : conditions les plus stables, pas de neige, températures acceptables, longues journées. Mois idéal : août, avec la recommandation de partir à l'aube pour éviter les orages d'après-midi fréquents.
Quand éviter
Hiver (décembre-avril) : uniquement pour les alpinistes expérimentés avec équipement hivernal complet (crampons, piolet, vêtements techniques). La montée hivernale est une véritable escalade, pas une randonnée.
Mai et première dizaine de juin : trop de névés, sentiers difficiles à suivre.
Après-midis estivaux : risque d'orages et de foudre, à éviter absolument.
En cas de prévisions météo instables : reporter. La Majella ne s'en ira pas.
Équipement essentiel
Pour affronter le Monte Amaro, un équipement de randonnée en haute montagne est nécessaire :
Vêtements
Chaussures de trekking montantes, avec une bonne semelle Vibram et un bon maintien de la cheville.
Chaussettes techniques épaisses (pas de coton).
Pantalon long technique (pas de jeans).
T-shirt respirant.
Polaire ou softshell.
Veste coupe-vent imperméable.
Chapeau de soleil et lunettes de soleil catégorie 3-4 (le rayonnement en haute altitude est considérable).
Buff ou foulard léger contre le vent.
Gants légers (même en été).
Sac à dos et accessoires
Sac à dos 25-35 litres (en journée), 40-50 litres (si nuitée au bivouac).
Bâtons de trekking : fortement conseillés, ils réduisent l'effort sur les genoux et aident sur les éboulis.
Eau : au moins 2-3 litres par personne. Les sources le long du parcours ne sont pas garanties toute l'année.
Nourriture énergétique : barres, fruits secs, sandwichs consistants, fruits frais.
Crème solaire à haute protection (même par temps couvert).
Lampe frontale (la nuit peut tomber plus tôt que prévu).
Carte topographique (Carta Escursionistica Parco Nazionale della Majella, échelle 1:25 000, éditions DREAm).
Application GPS : Wikiloc, Komoot, IGN ou équivalents avec traces téléchargeables hors ligne.
Téléphone portable : réception discontinue, ne comptez pas uniquement sur lui.
Kit de premiers secours : pansements, compresses, désinfectant, anti-inflammatoire, couverture de survie.
Pour la nuitée au Bivacco Pelino
Sac de couchage hivernal (températures nocturnes pouvant descendre sous zéro même en plein été).
Matelas isolant (les couchettes du bivouac sont spartanes).
Réchaud à gaz (pas de feu ouvert).
Eau supplémentaire pour le dîner et le petit-déjeuner : nous le répétons, il n'y a pas d'eau courante au bivouac.
Sacs poubelle : tout ce que vous montez, vous le redescendez.
Les points d'eau sur le parcours
L'une des difficultés du trekking au Monte Amaro est la pénurie d'eau. Connaître les points d'approvisionnement est essentiel :
Fonte Acquaviva près de la Sella Acquaviva et de la Tavola dei Briganti (2 100 m). Presque toujours active en été.
Fonte Ghiacciata à 2 370 m, aménagée en 2013 à 10 minutes du Bivacco Fusco. Active en été.
Au-delà de ces points, jusqu'au sommet : AUCUNE eau disponible.
Vérifiez toujours avec le CAI de Sulmona ou avec le Centre de Visite du Parc si les sources sont actives avant de partir. Lors des années de sécheresse, elles peuvent être à sec.
Faune et flore que vous rencontrerez
Chamois apennin
Le véritable roi du Monte Amaro est le chamois apennin (Rupicapra pyrenaica ornata) — sous-espèce endémique de l'Apennin central, distincte du chamois alpin. Il est plus petit et a des cornes plus recourbées que son cousin alpin. Réintroduit avec succès dans le Parc à partir des années 1990, il compte aujourd'hui plusieurs centaines d'individus. Observations fréquentes : surtout sur le Monte Focalone, aux Tre Portoni, près du Bivacco Fusco. On l'aperçoit à distance, en troupeaux de 5 à 15 individus. On le reconnaît à son pelage brun chocolat en été, ses cornes légèrement crochues et ses mouvements agiles sur les rochers.
Autre faune
Aigle royal : observable en vol le long des parois rocheuses.
Loup apennin : présent aux altitudes plus basses, rarement observable.
Perdrix bartavelle : petit gallinacé de haute altitude.
Accenteur alpin, pinson des neiges, chocard à bec rouge, tichodrome échelette.
Marmotte : seulement dans certains secteurs.
Flore de haute altitude
Parmi les espèces les plus précieuses que l'on peut rencontrer :
Edelweiss apennin (Leontopodium nivale subsp. nivale) : endémique de l'Apennin central.
Soldanella minima samnitica : l'un des 5 endémismes exclusifs de la Majella.
Pavot alpin.
Gentianes, saxifrages, primevères alpines.
Pins mughos (Pinus mugo) : pinède rampante qui caractérise le sentier entre 1 700 et 2 000 m.
Toute la flore est protégée : il est interdit de cueillir des fleurs, des graines ou des parties de plantes.
Sécurité : les dangers réels
Gravir le Monte Amaro est statistiquement sûr pour qui respecte les règles, mais ce n'est pas sans dangers. Les principales difficultés :
Orages d'après-midi : le danger le plus grave. En été, à partir de 13h-14h, des orages violents avec foudre peuvent se former sur la crête. Partir à l'aube et être au sommet avant midi. Si un orage commence à se former, descendre immédiatement en altitude.
Brouillard soudain : en quelques minutes, la visibilité peut se réduire à 10 mètres. Sur le sentier P, il est facile de se perdre si l'on n'est pas expérimenté.
Déshydratation et coup de chaleur : le soleil de haute altitude est trompeur, l'air frais masque le rayonnement. Boire abondamment, toujours.
Chutes sur les éboulis : le sentier entre Focalone et Tre Portoni traverse des pierrailles instables. Bâtons fortement conseillés.
Hypothermie nocturne : même en août, la température peut descendre sous zéro la nuit au Bivacco Pelino.
Mal des montagnes : à 2 793 m, ce n'est pas une altitude à risque élevé de mal des montagnes, mais les personnes venant du niveau de la mer (0 m) peuvent ressentir des symptômes : maux de tête, nausées, fatigue. Monter progressivement.
Sentiers pas toujours balisés : dans certains passages, la signalétique est insuffisante. Avoir toujours carte + GPS.
En cas d'urgence
Numéro d'urgence européen unique : 112. En Abruzzo, le Secours en Montagne et Spéléologique (CNSAS) est opérationnel.
Communiquez toujours à quelqu'un resté en vallée l'itinéraire, l'heure prévue de retour, et les coordonnées du refuge en cas de nuitée. Ne partez jamais seul si c'est votre première fois.
Comment rejoindre le Rifugio Pomilio (point de départ classique)
En voiture
Depuis Pescara ou Rome : A25 Pescara-Rome, sortie Alanno-Scafa. Suivre les indications pour Lettomanoppello, puis monter vers Passo Lanciano et Majelletta. Depuis le col, prendre à droite en direction du Blockhaus / Majelletta. Route panoramique qui monte jusqu'au Rifugio Bruno Pomilio (18,9 km depuis Passo Lanciano). Parking gratuit.
Important : le dernier tronçon de route au-delà du Pomilio (vers l'esplanade du Blockhaus) est fermé à la circulation motorisée depuis la création du Parc. Il se parcourt uniquement à pied.
Transports en commun
Il n'existe pas de lignes de bus allant directement au Rifugio Pomilio. La solution la plus pratique est d'arriver à Pescara ou Sulmona en train, puis de louer une voiture. Certains opérateurs organisent des transports pour randonneurs les week-ends estivaux.
Avec un guide ou en autonomie ?
Avec un guide de randonnée environnementale (conseillé pour les débutants)
De nombreux guides de randonnée environnementale de la Majella organisent des montées au Monte Amaro durant les mois estivaux. Tarifs habituels : 50 à 90 € par personne pour des groupes de 4 à 10 randonneurs. Comprend l'accompagnement certifié, la sécurité, la connaissance du territoire, et une narration historique et naturaliste. Pour ceux qui montent pour la première fois, c'est le choix le plus avisé.
En autonomie (pour les randonneurs expérimentés)
Possible, mais cela requiert :
Une expérience confirmée en randonnée de haute montagne.
Une capacité à lire les cartes et à utiliser un GPS.
Une connaissance de la météo en montagne et des risques typiques.
Un équipement complet et adapté.
Une bonne condition physique (avoir déjà effectué des treks de 8+ heures avec des dénivelés similaires).
Si une ou plusieurs de ces conditions font défaut, ne partez pas seul.
Questions fréquentes
Quelle est la difficulté réelle ?
Ce n'est pas une difficulté technique (pas de passages d'escalade, pas d'expositions vertigineuses), mais une difficulté d'endurance physique et mentale. 23-26 km aller-retour, 1 500 m de dénivelé, 10+ heures de marche sous soleil, vent et pierraille. Si vous n'avez jamais fait de trekking similaire, préparez-vous avec des sorties progressives dans les mois précédents.
Peut-on le faire en journée ou faut-il obligatoirement pernotter ?
En journée, c'est possible pour les randonneurs entraînés. Passer la nuit au Pelino rompt l'effort et offre une expérience émotionnelle inoubliable (coucher de soleil, lever de soleil, ciel étoilé). Pour une première fois, nous conseillons la formule 2 jours avec nuitée au bivouac.
Les enfants peuvent-ils le faire ?
Le trekking complet au Monte Amaro n'est pas adapté aux enfants de moins de 14-15 ans. Pour les familles avec de jeunes enfants, nous suggérons de s'arrêter à la Tavola dei Briganti ou au Bivacco Fusco (Anfiteatro delle Murelle) : de très belles randonnées de 2 à 3 heures, des panoramas spectaculaires, sans la fatigue du sommet.
Combien de personnes parviennent au sommet ?
Les statistiques non officielles indiquent que 60 à 70 % des partants atteignent effectivement le sommet. Beaucoup s'arrêtent au Bivacco Fusco ou au Monte Focalone, évaluent l'effort restant et décident sagement de rebrousser chemin. Ce n'est pas un échec : la Majella offre de nombreux panoramas spectaculaires avant même le sommet.
Peut-on le faire en hiver ?
Uniquement avec un équipement d'alpinisme complet (crampons, piolet, casque), une expérience en alpinisme hivernal, et idéalement avec un guide de haute montagne certifié. Les conditions hivernales de la Majella sont sérieuses : neige abondante, glace, risque d'avalanches, températures pouvant atteindre -25°C au sommet. Ce n'est pas une randonnée, c'est une véritable escalade.
Peut-on voir la mer ?
Oui ! Depuis le sommet du Monte Amaro, par temps clair, on voit nettement l'Adriatique à l'est, et parfois — dans des conditions exceptionnelles — on aperçoit également la Tyrrhénienne à l'ouest, entre les vallées du Sangro et du Liri. C'est l'un des rares points d'Italie où l'on peut voir les deux mers simultanément.
Peut-on emmener son chien ?
Le Parc National de la Majella autorise les chiens en laisse sur les sentiers (contrairement à la Zone A Intégrale de la Valle dell'Orfento). Vérifiez néanmoins si votre chien est capable d'effectuer 10+ heures de marche sur des éboulis : souvent ce n'est pas le cas, ils souffrent beaucoup et se blessent les coussinets sur les rochers. Pour la plupart des chiens, déconseillé.
Combien ça coûte ?
Gravir le Monte Amaro est entièrement gratuit (pas d'entrée, pas de tarifs, pas de stationnement payant). Les seuls coûts sont ceux de votre équipement, du transport, éventuellement du guide et des repas au rifugio Pomilio (ouvert en été).
Peut-on enchaîner d'autres sommets dans la même journée ?
Oui. Le sentier P traverse plusieurs sommets au-dessus de 2 500 m : ceux qui sont en forme et ont du temps peuvent ajouter le Monte Focalone (2 676 m), la Cima delle Murelle (2 598 m), le Monte Acquaviva (2 737 m). Ce sont cependant des ajouts significatifs en temps et en effort.
Découvrez le Monte Amaro avec Stravagando
Le Monte Amaro est l'une de ces montagnes qui n'appellent qu'une seule fois. Ceux qui l'ont gravie y reviennent. Pour l'aborder de la bonne façon — en sécurité, en connaissant l'histoire qu'elle porte, en profitant des panoramas et des rencontres faunistiques et botaniques qu'elle réserve — le mieux est de se confier à ceux qui la connaissent : guides de randonnée environnementale de la Majella, gestionnaires des refuges, alpinistes locaux expérimentés. La Majella est une montagne sérieuse. Les Abruzzais la respectent, vous devriez en faire autant.
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Pour approfondir : l'article sur le Parc National de la Majella et Géoparc UNESCO ; les ermitages célestins de la Majella ; la Valle dell'Orfento et Caramanico Terme ; Pacentro (borgo du Morrone au pied de la Via Normale du Monte Amaro) ; Gole di Fara San Martino + Grotta del Cavallone, Pescocostanzo et Palena.
Bon voyage.