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Voyages et destinations

Pescocostanzo et Bosco di Sant'Antonio : le borgo à 1 395 mètres et la hêtraie séculaire

Borghi più Belli d'Italia, Basilique au plafond baroque, tombolo : le village médiéval et sa hêtraie sacrée sur le plateau de la Majella

·13 min
Centre historique de Pescocostanzo avec la Basilique de Santa Maria del Colle et les palais Renaissance sur le plateau de la Majella

Il existe un lieu, sur l'Altopiano delle Cinquemiglia entre le Parc National de la Majella et le Parc National d'Abruzzo, Lazio e Molise, où l'histoire a laissé des empreintes profondes. Pescocostanzo est l'un des Borghi più Belli d'Italia, un joyau Renaissance et baroque niché à 1 395 mètres d'altitude, qui en 1774 conquit sa liberté face au pouvoir féodal en obtenant le titre d'Universitas Sui Domina — communauté maîtresse d'elle-même. À quelques kilomètres du centre historique, en localité Difesa, s'étend le Bosco di Sant'Antonio : 550 hectares de hêtraie séculaire, Réserve Naturelle Régionale depuis 1985, à l'intérieur du Parco Majella, où des hêtres aux formes étranges pouvant atteindre 15 mètres racontent une sacralité millénaire.

Dans ce guide, nous vous racontons les deux : le borgo, sa Basilique romano-baroque, ses palais nobiliaires, ses rues pavées en pierre ; la forêt antique où l'on vénérait Jupiter dans l'Antiquité, plus tard consacrée à Sant'Antonio Abate, aujourd'hui lieu magique entre arbres monumentaux, pivoines sauvages, l'ermitage médiéval caché dans la verdure, et l'art du tombolo qui se transmet encore de grand-mère en petite-fille.

Pescocostanzo : le borgo libre de l'Altopiano delle Cinquemiglia

Pescocostanzo se trouve dans la province de L'Aquila, aux confins méridionaux de l'Abruzzo, sur l'Altopiano delle Cinquemiglia qui s'étend vers Roccaraso et Castel di Sangro. Le nom vient de « Pesco » (éperon rocheux en dialecte abruzzais) et « Costanzo » (probablement dérivé d'un propriétaire médiéval ou de Sant'Erasmo « Costans »). À 1 395 mètres d'altitude, c'est l'un des villages de montagne les plus élevés d'Italie.

Comment arriver à Pescocostanzo

Depuis L'Aquila : 1h via A24/A25 jusqu'à Pratola Peligna, puis SS17 à travers Sulmona-Roccaraso. Depuis Pescara : 1h30 via A14 + A25 + sortie Pratola Peligna. Depuis Rome : 2h30 via A24/A25, même sortie Pratola Peligna. Depuis Naples : 2h30 via A1+A14 jusqu'à Vasto, puis SS652 à travers Castel di Sangro. La gare SNCF la plus proche est Sulmona (35 km), avec un service de bus local pour Pescocostanzo.

Le borgo est accessible en voiture jusqu'au parking du centre : le noyau historique est piétonnier, les distances sont courtes, tout est à portée de main. Places gratuites pendant les mois d'hiver (janvier-mars), payantes en été (juillet-août, 2-5 € par jour).

L'histoire : du féodalisme à l'Universitas Sui Domina

Les premières mentions de Pescocostanzo remontent au XIe siècle, lorsque le borgo faisait partie des domaines bénédictins de San Vincenzo al Volturno. Après être passé entre diverses seigneuries féodales, il atteignit son apogée entre le XVIe et le XVIIIe siècle, période durant laquelle la bourgeoisie marchande locale — enrichie par le commerce de la laine le long des tratturi de la transhumance — finança la construction des palais nobiliaires et des églises qui caractérisent encore aujourd'hui le centre historique.

L'événement historique le plus important survint le 5 décembre 1774 : Pescocostanzo se racheta de la domination féodale des Caracciolo, en versant une somme considérable pour obtenir l'autonomie gouvernementale. Le borgo devint Universitas Sui Domina — littéralement « communauté maîtresse d'elle-même », titre dont la fierté résonne encore aujourd'hui dans les armoiries communales. Une page rare dans l'histoire du féodalisme du Sud de l'Italie, où peu de villages parvinrent à acheter leur liberté.

La Basilique de Santa Maria del Colle

Le monument principal du borgo est la Basilique de Santa Maria del Colle, dont les origines remontent au XIe siècle. La fondation est légendaire : une icône de la Vierge aurait été découverte par un berger dans une grotte sous le rocher du borgo, marquant l'emplacement du premier sanctuaire. La structure actuelle est le résultat de stratifications au fil des siècles : le portail principal est de style gothique (XIVe siècle), l'intérieur est baroque (XVIIe siècle), le plafond est à caissons en bois sculpté du XVIIe siècle.

L'élément le plus impressionnant est le plafond à caissons dorés, œuvre des maîtres sculpteurs locaux du XVIIe siècle : un véritable chef-d'œuvre de l'artisanat religieux. La grille en fer forgé qui sépare la chapelle principale du reste de l'église porte l'inscription « ETENIM NON POTUERUNT MIHI » (« et pourtant ils n'ont pu me vaincre »), devise de la communauté qui fait écho à l'Universitas Sui Domina. La basilique abrite également un petit musée d'art sacré avec des ornements, des calices, des statues en bois des XVIe-XVIIIe siècles.

Palazzo Fanzago et les palais nobiliaires

Le borgo conserve une concentration extraordinaire de palais Renaissance et baroques. Le Palazzo Fanzago, daté de 1624, est probablement le plus important : il accueillit le gouverneur féodal et abrite aujourd'hui la mairie. Le style fusionne des éléments du XVIe siècle abruzzais avec des détails baroques napolitains, reflétant l'influence culturelle qui dominait la région à l'époque. À noter, les portails en pierre sculptée ornés de motifs floraux et zoomorphes.

Parmi les autres palais remarquables : le Palazzo Sabatini, le Palazzo De Capite, le Palazzo Cocco — tous dotés de caractéristiques balcons en pierre, de portails finement sculptés, de fenêtres à édicule du XVIIe siècle. Une promenade dans les ruelles du centre historique, notamment dans la Via delle Vie et autour de la Piazza Municipio, restitue une atmosphère authentique du XVIIIe siècle. À remarquer également les habitations typiques appelées vignali, avec leurs paliers et escaliers extérieurs, sculptés dans la pierre calcaire blanche caractéristique de la région.

Les autres églises de Pescocostanzo

Outre la basilique, le borgo abrite d'autres églises secondaires mais importantes : l'église de Gesù e Maria, baroque, avec des fresques du XVIIe siècle ; l'église de Sant'Antonio Abate (XVIIIe siècle), liée au bois voisin du même nom ; l'Oratoire du SS. Sacramento, petit joyau aux intérieurs décorés. La densité d'édifices religieux dans un borgo de peu plus d'un millier d'habitants est extraordinaire, témoignant de la richesse historique de la communauté marchande pescolane.

L'art du tombolo : une tradition vivante

Pescocostanzo est l'un des lieux italiens où l'art du tombolo (dentelle aux fuseaux) se transmet sans interruption depuis le XVe siècle. La technique fut probablement apportée par des moniales bénédictines, puis diffusée dans les familles pescolanes comme activité complémentaire au travail agricole hivernal. On travaille avec un coussin rembourré (le « tombolo ») sur lequel on plante des épingles, et avec des dizaines de fuseaux en bois chargés de fil on entrelace des motifs complexes.

La Journée du tombolo et de la dentelle

Chaque année, en août, Pescocostanzo consacre une journée spéciale au tombolo : les femmes du village — beaucoup octogénaires, quelques jeunes qui ont repris la tradition — sortent dans les rues du borgo travailler la dentelle sous les yeux des visiteurs. On peut admirer les techniques, acheter des pièces authentiques, participer à de brefs ateliers d'initiation. C'est l'une des façons les plus authentiques d'entrer dans la culture du borgo.

Les prix des dentelles pescolanes varient beaucoup : un petit marque-page 15-30 €, un col 80-150 €, une nappe brodée peut atteindre 500-1 500 €. Acheter à Pescocostanzo, c'est repartir avec une pièce unique, faite à la main, fruit de centaines d'heures de travail.

Le Bosco di Sant'Antonio : la hêtraie sacrée

À environ 4 kilomètres du centre de Pescocostanzo, en localité Difesa, se trouve le Bosco di Sant'Antonio : 550 hectares de hêtraie séculaire constituée en Réserve Naturelle Régionale en 1985, entre le Monte Pizzalto (1 978 m) et le Monte Rotella (2 129 m). Le secteur fait partie du Parc National de la Majella, mais est géré de manière autonome comme réserve.

Une précision importante : le Bosco di Sant'Antonio est une magnifique hêtraie séculaire, mais il n'est pas une « hêtraie vierge UNESCO ». Les forêts italiennes reconnues comme Patrimoine Mondial UNESCO (catégorie « Antiques Hêtraies Primordiales ») se trouvent en Abruzzo dans le Parc National d'Abruzzo, Lazio e Molise (PNALM) : Val Cervara, Coppo del Principe, Coppo del Morto, Selva Moricento, Cacciagrande. Ce sont des hêtraies vierges avec des arbres pouvant atteindre 600 ans. Le Bosco di Sant'Antonio ne figure pas dans cette liste, mais demeure l'une des plus belles hêtraies d'Abruzzo, avec des arbres monumentaux et une protection rigoureuse.

La forêt se présente ainsi

La forêt comprend trois noyaux de végétation distincts, appelés dans la tradition locale « Difesa », « Primo Colle » et « Secondo Colle ». Elle se présente comme une hêtraie en futaie avec des arbres d'âges variés (les plus anciens autour de 250-300 ans), hauts jusqu'à 15 mètres, aux formes étranges : certains hêtres sont « en candélabre », une technique de taille traditionnelle appelée capitozzatura qui empêche la pousse normale et fait croître les arbres avec un tronc massif et une couronne en forme de candélabre.

Le « faggione » le plus célèbre, successeur du légendaire « Hêtre candélabre » (aujourd'hui disparu, mais photographié dans tous les livres de nature abruzzaise des 50 dernières années), a une circonférence de tronc d'environ 5,40 mètres et une hauteur de 15 mètres, avec un âge estimé à 250-300 ans.

L'histoire : du lucus à Jupiter à Sant'Antonio

La forêt était considérée comme un lieu sacré dès l'Antiquité classique. C'était un lucus, c'est-à-dire un bois sacré consacré à Jupiter, traversé par une voie romaine reliant Corfinium (l'antique capitale italique) à Aequum Tuticum (aujourd'hui en Puglia). Au Moyen Âge, la forêt fut christianisée : d'abord consacrée à Sant'Antonio Abate (Père du monachisme, IVe siècle, protecteur des animaux et des forêts), puis à Sant'Antonio da Padova. À l'intérieur de la forêt fut construit un petit ermitage dédié au saint.

L'Ermitage de Sant'Antonio

Le long du sentier de la forêt, après environ 500 mètres de marche facile, on arrive à l'Ermitage de Sant'Antonio : une petite église rurale d'époque médiévale (XIVe-XVe siècle), très bien conservée, dédiée à Sant'Antonio Abate. Architecture simple en pierre locale, intérieur dépouillé, atmosphère profondément contemplative. L'église fait encore l'objet d'un pèlerinage local, notamment le 17 janvier (fête de Sant'Antonio Abate), jour où la communauté de Pescocostanzo célèbre des messes et fait bénir les animaux selon la tradition.

Le sentier de la forêt : facile pour tous

Le sentier principal du Bosco di Sant'Antonio est classé T-Touristique, la difficulté la plus faible : 2,5-2,8 km en boucle, dénivelé total de 50-70 mètres, praticable en moins d'une heure. Idéal pour les familles avec enfants, les personnes âgées, et même avec des poussettes robustes (terrain relativement compact). Le parcours part du Piazzale Scuola Sci di Fondo Bosco di Sant'Antonio, avec parking gratuit et bar équipé (Equisef), traverse la hêtraie jusqu'à l'Ermitage de Sant'Antonio, et revient en bouclant l'anneau.

Le sentier est à l'ombre pratiquement sur toute sa longueur : agréable même en été (parfait pour fuir la chaleur), magique en automne avec le feuillage jaune-rouge, féerique au printemps avec les floraisons. En hiver, la forêt devient un décor de ski de fond : la même piste utilisée en été devient une école de ski de fond hivernale (Centro Federale di Sci di Fondo).

La flore : pivoines, orchidées, floraisons

Outre les hêtres monumentaux, le sous-bois est riche en espèces protégées. Paeonia officinalis avec ses grandes fleurs rouge pourpre de mai à juin, les orchidées sauvages dont la rare Epipactis purpurata, des anémones, des cyclamens, des primevères, des gentianes. Pour les botanistes, c'est l'un des sites les plus riches de la Majella. Les meilleures floraisons ont lieu entre mai et juillet.

La faune : loup, ours, chat sauvage

La forêt est l'habitat naturel de nombreuses espèces protégées. Le loup apennin dispose d'une population stable dans le Parco Majella (50-70 individus au total) ; des observations rares mais documentées ont été faites dans la zone de Sant'Antonio. L'ours brun des Marses est rare dans la Majella (population concentrée dans le PNALM), mais des passages occasionnels y sont signalés. Plus fréquentes sont les observations de renard, cerf, chevreuil, sanglier, blaireau, chat sauvage. L'avifaune comprend le pic à dos blanc, pic dalmate, gobemouche à collier (espèce rare), des rapaces diurnes (buse variable, faucon pèlerin).

Les autres activités à Pescocostanzo

Ski alpin : la station de Pescocostanzo Vallefura

Pescocostanzo fait partie du Comprensorio Sciistico dell'Alto Sangro, le plus grand de l'Apennin. La station locale de Pescocostanzo Vallefura propose des pistes pour tous les niveaux, particulièrement adaptées aux familles et aux débutants. Forfait journalier 30-45 € selon la saison, combinable avec celui de Roccaraso (5 km) pour un total de 110 km de pistes. Saison typique : décembre-mars.

Ski de fond et raquettes

Le Bosco di Sant'Antonio devient en hiver un excellent centre de ski de fond, avec des pistes entretenues et adaptées aux débutants. Pour ceux qui préfèrent les randonnées en raquettes, des excursions guidées sont organisées dans les zones adjacentes, notamment vers le Piano delle Cinquemiglia et les contreforts du Pizzalto.

VTT et cyclotourisme

De fin juin à mi-septembre, les remontées mécaniques sont utilisées pour emmener les amateurs de VTT et de vélo électrique au sommet. Trois loueurs importants dans le village proposent des vélos musculaires et électriques. Les parcours vont des sentiers faciles de la forêt aux single-tracks exigeants sur les contreforts de la Majella.

Événements annuels

Fête de Sant'Antonio Abate (17 janvier) : bénédiction des animaux, procession, feux traditionnels. Pâques : rites religieux avec procession du Cristo Morto. Fête des Anciens Métiers (août) : reconstitution historique avec cortège en costume, stands d'artisans, gastronomie. Giornata Giubilare di Ferragosto : pèlerinage et célébrations. Marche du Monte Rotella (août) : randonnée populaire sur les contreforts de la forêt. Fête de San Felice (août) : saint patron de la ville. Journée du tombolo (août) : tradition de la dentelle aux fuseaux.

Que manger à Pescocostanzo

La cuisine de Pescocostanzo est celle de la tradition du haut Abruzzo montagnard. Les arrosticini de brebis sont toujours au rendez-vous, même si la zone d'origine authentique est le Voltigno (plus au nord). Les fromages locaux incluent des pécorins frais et affinés, de la mozzarella di bufala, des fromages au piment ou à la truffe. La mortadelle de Campotosto (Présidium Slow Food) et la ventricina del Vastese sont des charcuteries incontournables sur les planches de dégustation.

La région est riche en truffes noires et blanches, utilisées dans de nombreux plats traditionnels : tagliatelles à la truffe, œufs à la truffe, pécorins à la truffe noire. Le safran de L'Aquila DOP (de Navelli, 50 km au nord) entre dans certains plats spéciaux. L'ail rouge de Sulmona (Présidium Slow Food, 40 km) est un ingrédient des recettes traditionnelles.

Pour le dessert : l'amaro à la gentiane, liqueur typiquement abruzzaise, excellent en digestif. Les Sise delle Monache de Guardiagrele (Arche du Goût Slow Food). Les pizzelle abruzzaises (gaufrettes fines sucrées). Les bocconotti au chocolat.

Où dormir

Pescocostanzo offre de bonnes structures touristiques, principalement orientées vers le tourisme hivernal (ski) et la haute saison estivale. Des hôtels historiques comme l'Hotel Le Torri (structure panoramique, 100-180 € la chambre double). De nombreuses chambres d'hôtes familiales dans le centre historique (60-120 €). Des agritourismes dans les hameaux environnants (70-130 €). En haute saison (Noël, Nouvel An, Ferragosto) les prix doublent et une réservation 2-3 mois à l'avance est nécessaire.

Itinéraire d'une journée ou d'un week-end

Une journée : arrivée à Pescocostanzo le matin (9h30), visite du centre historique + Basilique + palais (2-3 heures). Déjeuner dans une trattoria typique. Après-midi (14h30) : transfert au Bosco di Sant'Antonio (5 minutes en voiture), sentier en boucle avec ermitage (1h-1h30). Apéritif au bar Equisef. Retour avant 18h00.

Un week-end : ajout d'une visite au borgo de Roccaraso (15 km, ski ou promenade panoramique) et à Castel di Sangro (30 km, borgo historique). Possibilité de combiner avec une visite à Sulmona (40 km, ville d'Ovide). En hiver, une journée complète de ski dans le comprensorio Alto Sangro.

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Pour explorer davantage la Majella, lisez notre article sur le Parc National de la Majella et Géoparc UNESCO, découvrez les ermitages célestiniens de la Majella, planifiez une visite à Pacentro sur le versant pélignien. Pour d'autres borghi più belli d'Abruzzo : Santo Stefano di Sessanio sur le Gran Sasso.

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